[Depuis Monaco]
L’AS Monaco va retrouver l’Olympiakos en quart de finale. Un adversaire qu’elle connaît par cœur, et contre qui elle a écrit les plus grandes pages de son histoire européenne. Pour sa dernière danse, la Roca Team voudra s’offrir un ultime exploit contre le leader de la saison régulière.
S’il fallait désigner l’adversaire parfait pour la dernière danse de cette Roca Team, ça serait bien lui. Pour ce nouveau quart de finale d’EuroLeague, le cinquième en cinq ans pour l’AS Monaco, le sort a donc réservé l’Olympiakos. Une institution du basket européen, que la bande à Mike James connaît par cœur désormais. Contre le Pirée, elle a écrit les plus grandes pages de son histoire.
« On les joue quasiment chaque année », en riait d’ailleurs Manuchar Markoishvili vendredi soir dernier, à peine remis du play-in remporté face au Barça qui envoyait ses protégés en quart de finale. Arrivé sur le Rocher en 2021, le Géorgien n’a peut-être pas le même passif que son prédécesseur Spanoulis avec le club grec, mais il garde bien en tête les nombreuses batailles menées face à la troupe de Bartzokas. « On sait à quel point ils sont bons, à quel point leur coach, leur roster sont bons. On n’attend rien de facile. Il faudra être prêt pour une grande série. »

La série parfaite – et quelle qu’en soit l’issue – pour conclure en beauté l’aventure de ce groupe monégasque, amené à se disperser aux quatre coins de l’Europe à la fin de la saison. Car il faut dire, c’est au fil de ses affrontements de légende avec l’Olympiakos, que le club de la Principauté a façonné sa renommé sur le continent.
DE TRAUMATISMES EN EXPLOITS
Avril 2022, l’AS Monaco s’offrait ses premiers play-offs d’EuroLeague pour sa première campagne dans l’élite continentale. Face aux coéquipiers de Kostas Sloukas, l’équipe,’ déjà menée par la superstar Mike James, mais aussi par Yakuba Ouattara et Donatas Motiejunas, signait même l’exploit de pousser la série jusqu’à un match 5. Mais les Monégasques ne résistaient pas à l’ »Apocalypse », terme choisi par Kevin Durant, présent sur place, pour décrire l’ambiance au Stade de la Paix et de l’Amitié ce soir-là. Un apprentissage fondateur dans la jeune histoire du club en EuroLeague.
Treize mois plus tard, l’Olympiakos était à nouveau présente pour un grand moment d’histoire de la Roca Team : son premier Final Four. Mais cette demi-finale à Kaunas restera tristement mémorable en raison de son 3e quart temps irréel, terminé sur un hallucinant 27-2, qui mettait brutalement fin au rêve de Mike James et compagnie. Nouvelle leçon, mais cette fois-ci retenue. Car la Roca team faisait tomber sa bête noire en 2025, à nouveau en demi-finale, en plein cœur du désert d’Abu Dhabi. Une revanche pleine d’autorité dans le sillage d’un Alpha Diallo XXL. L’exploit, qui leur ouvrit les portes de la finale d’EuroLeague, reste aujourd’hui la plus grande victoire dans l’histoire du club.
« Jouer des play-offs contre l’Olympiakos au Pirée : c’est pour ça qu’on joue au basket »
terry tarpey
Cette saison encore, la victoire face aux Reds, le 12 mars dernier, a fait basculer le cours de la campagne monégasque. Le tir à la dernière seconde de Matthew Strazel permettait ce soir-là de mettre fin à une série noire de sept défaites en huit matchs et lançait l’incroyable sprint final : un run de six victoires sur les huit dernières journées pour arracher ce ticket en play-in, transformé ensuite en billet pour les play-offs.
« ON A RIEN À PERDRE »
Aujourd’hui, les clubs rouge et blanc remettent donc cela, en quart de finale. « Jouer des play-offs contre l’Olympiakos au Pirée : c’est pour ça qu’on joue au basket, clamait Terry Tarpey, au soir de la qualification. C’est un gros club, tout le monde le connait. Ce seront des matchs de play-offs, c’est toujours serré, physique, et c’est toujours un plaisir de jouer ces matchs là. »
Force est de constater qu’au fil de ces oppositions de haut vol la tendance s’est inversée. Désormais, la Roca Team connaît la recette pour faire déjouer les Grecs. Suffisant pour prendre le dessus, malgré la fatigue des troupes ? « Il n’y pas trop de pression sur nous, répond Tarpey. Plein de gens sont étonnés qu’on soit en play-offs. On a rien à perdre. On va là-bas pour jouer notre meilleur basket. On va jouer à 100%. »

Et dans cette guerre psychologique, peut-être la fameuse malédiction des premiers de saison régulière aura-t-elle son rôle à jouer, elle qui a fait de l’Olympiakos sa victime favorite ces dernières années. « Je ne pense pas que ce soit une pression supplémentaire d’être premier. Cette malédiction, c’est plus une superstition qu’autre chose, balayait Georgios Bartzokas, lorsque nous le lancions sur le sujet, début avril.
« De manière générale, pour l’Olympiakos, c’est important d’être le plus haut possible au classement. Honnêtement, je n’ai aucune idée de comment appréhender cette malédiction. Qu’est-ce que je peux faire ? Ce que je promet à tous nos fans, c’est qu’on sera des guerriers pendant ces play-offs », concluait l’illustre tacticien grec.
Ce choc entre AS Monaco et Olympiakos, véritable classique de ces cinq dernières années en EuroLeague, promet des étincelles. D’un côté, un Sasha Vezenkov calibre MVP, un Milutinov impérial et un Evan Fournier revanchard après ses vains 31 points de la dernière demi-finale. De l’autre, une Roca Team en quête d’exploit pour faire basculer cette saison encore un peu plus dans l’iréel.






















