La première demi-finale de ce Final Four nous a réservé une affiche bouillante, entre deux géants du basket européen : l’Olympiakos et le Fenerbahçe. Surtout, elle propose à nous Français, un duel de choix : Evan Fournier face à Nando De Colo, tous deux en mission pour l’histoire.
L’image est encore gravée dans nos mémoires. Celle d’un Evan Fournier en larmes après la défaite des siens face à l’AS Monaco, il y a un an, pour le tout premier match de Final Four de sa carrière. Ponctuée de 31 points, sa performance était majuscule, mais avait toute l’amertume d’un chef d’œuvre inachevé. Ce jour là, le récital du Francilien était bien trop solitaire pour s’ouvrir les portes de la finale. Un an plus tard, le voilà de retour au Final Four pour finir le travail.
« Pourtant, je ne le trouve pas forcément revanchard, je le trouve assez zen », nous répond toutefois Laurent Sciarra, aux commentaires de TV Monaco pour la série des quarts de finale. En grande forme et très adroit face à la Roca Team, Evan Fournier s’avance face à un Fenerbahçe contre lequel il a collé 36 points, victoire en prime, lors de la dernière confrontation entre les deux équipes, le 17 mars dernier. Privé par Alpha Diallo et compagnie de ce choc final l’an passé, il a cette fois l’opportunité de croiser le fer avec le Fener. L’arrière, qui a annoncé sa retraite prochaine, est en mission pour s’offrir le titre suprême. Autour du Français, c’est même tout un club qui doit conjurer le mauvais sort.
UN BARTZOKAS QUI JOUE GROS
Pour la cinquième saison de suite, le Pirée sera présent au Final Four, la preuve d’une régularité unique sur les sommets du basket européen. Sur les cinq dernières années, l’Olympiakos est très certainement la meilleure équipe du continent, la plus régulière, l’instigatrice du plus beau jeu de la ligue. Sauf que, sur ces dernières années, l’Olympiakos est le seul géant européen à ne pas avoir glaner son titre. Sur la période : Efes, Real, Fener, Pana,… tous ont eu leur moment de gloire. L’Olympiakos, elle, enchaîne les saisons de haute volée mais attend toujours son sacre. Un quatrième titre qui lui échappe depuis 13 ans, une éternité pour un tel club.

« Si l’Olympiakos ne gagne pas cette année encore, c’est la guigne », nous lâche sans détour Angelo Tsagarakis, l’ancien joueur du championnat de France, grec d’origine. Georgios Bartzokas, ce maître du coaching qui aime tant contrôler la situation, s’est fait piéger année après année sur les différents Final Four. « La trame qu’il met en place est cohérente, mais il est tellement pointilleux que lorsque la rencontre ne se déroule pas comme prévu, il ne sait plus quoi faire. Il peut être pris de panique quand la situation lui échappe et se met en danger tout seul », décrypte Laurent Sciarra.
Le technicien grec aura fort à jouer sur ce Final Four, et les remises en question risquent d’être nombreuses en cas de nouvelle année sans titre malgré la domination en saison régulière. Déjà, après l’échec d’Abu Dhabi, il y a un an, la folle rumeur de le voir remplacé par Spanoulis avait fait surface. « Mais Bartzokas reste un maestro inégalé, reprend Angelo Tsagarakis. Il continue d’apprendre. Et je sens l’équipe mieux outillé dans son basket que l’année dernière, avec plus de profondeur, plus forte mentalement aussi. »
LE DUEL ULTIME DU BASKET FRANÇAIS
Sur le parquet de l’ennemi juré le Panathinaïkos, l’Olympiakos est face à son destin, avec une opportunité immense de marquer l’histoire. « Cette équipe me paraît être une équipe de destinée, poursuit Tsagarakis. On sent que cette équipe est formatée pour gagner. Mais s’il y’a un homme capable de faire déjouer l’Olympiakos, c’est Sarunas Jasikevicius. »
Entre Oly et Fener, se jouera un choc de géants, un duel plein de rivalités entre Grecs et Turcs. Intouchables sur le dernier Final Four, Saras et ses hommes ont un avantage psychologique sur leurs adversaires. « Le Fener a une quantité d’athlètes et ils ont récupéré Melli et Hall, qui, bizarrement n’étaient pas là, lors de leur mauvaise passe. Ils ont cette capacité à défendre le plomb et, suite à ce qu’ils ont vécu l’année dernière, ils ont confiance », prédit Laurent Sciarra.

Surtout, face à l’Olympiakos d’Evan Fournier, se présente le Fenerbahçe d’un certain Nando De Colo. Pour lui aussi, les heures sur les parquets sont comptés. Après 356 matchs à émerveiller l’EuroLeague, le Maestro s’apprête à disputer les deux derniers de sa carrière… peut-être même le dernier en cas de défaite contre le Pirée, la finale pour la 3e place ayant été supprimée. « J’espère le foutre à la retraite », déclarait, non sans plaisanter, le Frenchy d’Athènes, à l’idée de retrouver son frère d’armes de la sélection (via Bebasket).
Le poids de l’histoire pèse sur cette demi-finale, celle du basket français spécialement. Qu’elle qu’en soit l’issue, la légende pourrait s’écrire au bout. Un Evan Fournier qui s’offre le plus grand titre de sa carrière et donne au peuple du Pirée le plus beau des trophées sur les terres de son rival… Ou un Nando De Colo qui part en légende sur un troisième titre de champion, accomplissement encore jamais vu dans l’histoire du basket français… Faites vos jeux et profitez du spectacle.
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