Valencia a marqué l’histoire de l’EuroLeague en remontant le Pana d’un 2-0 et en se qualifiant pour son tout premier Final Four. Face à un Real privé de Walter Tavares, les hommes de Pedro Martinez entendent définitivement rentrer dans la légende. Preview.
La Roig Arena avait basculé dans la folie. Ce 13 mai 2026 au soir, lorsque les dernières secondes de ce match 5 entre Valencia et Pana s’égrènent, des ‘olé’ descendent des tribunes chaque fois que Jean Montero évite les tentatives de fautes de Mathias Lessort pour arrêter désespérément le chrono, tel un torero jouant avec sa victime.
D’un côté, le MVP de ces play-offs 2026 rendait un peu plus historique encore cette saison sensationnelle ; de l’autre, le pivot français, déjà malheureux sous le maillot du Partizan pour la remontée du Real en 2023, subissait sa deuxième élimination – et la deuxième de l’histoire de l’EuroLeague – après avoir mené 2-0.
Le cœur de Valencia est donc sans limite. Cette équipe que l’on pensait voir craquer tôt ou tard au cours de la saison a finalement tenu jusqu’à mai, est même revenu des enfers en play-offs. Valencia sera au rendez-vous du Final Four de l’EuroLeague pour la première fois de son histoire.

« C’est un moment hallucinant, une sensation incroyable, nous raconte Natxo Andreu, journaliste local et animateur du podcast ‘1, 2, 3 Valencia’. C’est incroyable de voir comment l’équipe s’est développé toutes ces années. Pas seulement sur le plan sportif, mais aussi sur le plan social, sur le plan structurel avec cette Roig Arena. Je crois qu’on ne réalise pas encore tout ce que signifie ce Final Four. »
A Valencia, la fête est totale. Le soir de la qualification, Pedro Martinez louait le soutien unique reçu de tous les supporters, parlait d’un engouement unique dans la ville. « Valencia est une ville de football, mais tout change, nous décrit Natxo Andreu. Les deux clubs de foot de la ville, Valencia et Levante, se sont battus pour le maintien cette année. Avec cette épopée en EuroLeague, le basket a pris un statut ici et les gens sont en train de prendre la fièvre du basket. »
VALENCIA, « UNE VERSION ESPAGNOLE DE L’OLYMPIAKOS »
Le Pana au tapis, l’OAKA Arena sera donc bien un lieu neutre pour le dénouement final de cette campagne 2025-2026. Alors qu’un rendez-vous entre géants s’organisait, le Petit Poucet est venu renverser la table et prendre la place de l’hôte attendu pour gâcher la fête. « C’est dommage. Valencia nous prive d’une potentielle finale Olympiakos-Panathinaïkos. Le basket européen mériterait une telle affiche en finale, qui plus est à Athènes. Ça aurait été la meilleure promotion de l’EuroLeague… » commence par réagir Angelo Tsagarakis, ancien joueur professionnel français d’origine grec, et animateur du podcast ‘Temps mort show’.
Mais voilà, un nouveau club s’est hissé dans le dernier carré, une nouvelle tête s’invite au banquet du basket européen : quel vent de fraîcheur dans un monde où les mêmes clubs prennent d’ordinaire toute la place.
« Mais vu le jeu proposé, le puriste en moi est satisfait, reprend Angelo Tsagarakis. Valencia rappelle que le basket, ce n’est pas seulement une affaire d’argent. Valencia, c’est le basket total, c’est un club qui met en valeur la collaboration, le développement des jeunes. C’est, en quelque sorte, une version espagnole de l’Olympiakos : une équipe qui s’appuie sur la force collective, avec un maestro de coach et une volonté d’avoir toujours le ballon en mouvement. »
SANS TAVARES, UN REAL QUI NE FAIT PLUS PEUR
Portés par leur insouciance et une confiance dingue, les Valenciens s’en vont désormais retrouver cette OAKA Arena qu’ils connaissent si bien. Un théâtre dans lequel ils sont venus jouer trois matchs cette année, saison régulière et play-offs confondus, et où ils se sont imposés autant de fois, avec ces deux performances majuscules en quart de finale.

Surtout, l’histoire peut encore s’étendre. Face aux hommes de Pedro Martinez, se présente un Real Madrid orphelin de Walter Tavares. Et l’absence du MVP du Final Four 2023 change tout pour Neal Sako et les siens. « Ça nous rend tout de suite beaucoup plus optimistes, nous livre le journaliste Natxo Andreu. Le Final Four est déjà un succès car l’objectif de l’équipe en début de saison était d’être en play-in. Mais au fur et à mesure de la saison, les objectifs ont changé. Le fait d’avoir été deuxième, d’éliminer le Pana, nous permet d’envisager parfaitement cette finale. »
L’an passé, Monaco devenait le premier club ne disposant pas de licence longue durée à jouer une finale d’EuroLeague. Alors jusqu’où ce Valencia marquera l’histoire. « Certes, Olympiakos-Pana aurait été la meilleure promotion pour l’EuroLeague, mais une affiche Olympiakos-Valencia, ce serait l’essence du basket européen. La meilleure finale basketballistiquement parlant, la meilleure représentation du jeu européen », nous conclut Angelo Tsagarakis.
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