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« Il n’y avait aucune ville mieux que Madrid pour me remettre » : à l’ombre du Real, Vincent Poirier prépare son retour sur les parquets

Vincent Poirier avait subi une rupture du tendon d'Achille, en juin dernier. (Photo EuroLeague)

Sans club depuis sa lourde blessure au tendon d’Achille en juin dernier, Vincent Poirier prépare son retour sur les parquets à Madrid, dans les infrastructures du Real. EuroLeague France a pris des nouvelles du pivot. Sa vie dans la capitale espagnole, sa rééducation, son retour… Immersion.

Un simple mail. Quelques mots, l’argent versé sur le compte, rien de plus. Pas un appel, pas un échange, rien. C’est ainsi que Vincent Poirier a appris la rupture de son contrat avec l’Anadolu Efes, début juin dernier. « Je ne m’attendais à rien de leur part. Il s’est passé beaucoup de choses là-bas pendant deux ans… c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », nous confie l’interessé lorsque nous prenons de ses nouvelles.

Pourtant, l’intérieur français était engagé jusqu’en 2027 avec l’institution stambouliote, après, déjà, deux saisons passées sur la rive européenne du Bosphore. Une troisième année en « team option » que le club a déclinée sans tarder ni faire de sentiments, quelques jours après la (nouvelle) lourde blessure du pivot.

« Il s’est passé beaucoup de choses à l’Anadolu Efes » (Photo EuroLeague)

Le 1er juin dernier, Vincent s’écroulait, seul, en prenant ses appuis pour chercher un rebond, lors du match 1 des demi-finales de championnat turc face à Fenerbahçe. « Tout a été rapide. Je touche mon mollet, je sens tout de suite qu’il y a quelque chose qui ne va pas. » La sentence tombe quelques heures après : rupture du tendon d’Achille confirmée, quelques mois seulement après une opération du genou qui l’avait privé d’EuroBasket 2025. « Il y a forcément un moment de down. Je me dis ‘’merde fait chier, je ressors d’une blessure du genou et je me fais ça’’. Et puis après j’essaie de relativiser. Je me dis que ça fait partie du job, on joue au basket tous les jours, ça peut arriver, parfois le corps peut lâcher. »

Trois jours plus tard, le colosse francilien passait sur la table d’opération. Le lendemain, il se trouvait à Rennes, là où se trouve l’équipe médicale qui l’accompagne, pour entamer, déjà, sa réhabilitation.

La douceur madrilène

Aujourd’hui, c’est dans la douceur madrilène que l’international français a décidé de vivre cette nouvelle rééducation. Plus vraiment chez lui en Turquie, celui qui a fêté ses 33 ans le 17 octobre a retrouvé dans la capitale espagnole sa fille et tous les siens, qu’il n’avait pas à ses côtés pendant ses deux ans à Istanbul. Un réconfort précieux.

En parallèle, la Maison Blanche, fidèle à sa réputation de club familiale, n’hésitait pas à rouvrir ses portes à son ancien joueur. « La rééducation, c’est toujours une routine un peu relou. Alors j’avais envie d’être dans un lieu où je suis heureux. Il n’y avait aucune ville mieux que Madrid pour cela. Très vite après ma blessure, le Real avait repris contact avec mon agent pour me dire que si j’avais besoin des infrastructures, ce serait possible. Comme quoi, ça sert d’avoir des bonnes relations avec ses anciens clubs… », glisse Poirier.

Vincent Poirier fait sa rééducation dans les infrastructures du Real. (Photo EuroLeague)

Il a retrouvé sa maison. Le centre d’entraînement madrilène est à 25 minutes, le physiothérapeute à 10 minutes. Fabien Causeur est à côté, Olivier Sarr est un voisin, Timothé Luwawu-Cabarrot n’est jamais très loin non plus. « Je suis dans mes bonnes ondes », sourit Vincent. Les 2,13 mètres du Parisien rôdent au quotidien dans les couloirs du Real, et la langue de Molière résonnent dans les vestiaires. « Après je ne suis pas dans l’équipe, donc j’essaie de ne pas prendre trop de place, en rit-il. Mais on se voit avec les gars, on discute. Surtout, m’entraîner dans les infrastructures du Real me permet de faire partie d’un groupe. Lorsque je viens à la salle, l’équipe s’entraîne en même temps. Je les vois, je suis avec eux. C’est important de continuer à voir du monde. »

« Ce temps me permet de travailler d’autres choses. Je me suis mis une déter’ pour revenir à un meilleur niveau. »

Vincent Poirier

Pour l’heure, le basket n’occupe encore qu’une place minime dans les journées de Vincent Poirier. Deux séances par semaine simplement « pour un travail de gammes athlétiques très spécifique », nous précise Sébastien Morin, son préparateur physique. Deux moments pour refouler les terrains dans un quotidien qui s’articule autour de la musculation, les passages entre les mains du kiné, le travail en piscine « et emmener ma fille à l’école et la ramener l’après-midi », n’oublie pas de mentionner l’intérieur.

Quatre mois après l’opération, le temps se fait long pour lui. Il a repris la course, mais le manque de basket se fait sentir, et ses coachs personnels se voient obligés de canaliser le compétiteur qu’il est resté. Alors il s’est donné lui-même pour objectif de revenir sur les terrains au mois de janvier.  « Pour l’instant on est en avance sur la rééducation, indique Sébastien Morin. Mais je n’aime pas trop ce terme. Car le but n’est pas d’être en avance. Le but est que Vincent revienne quand il sera bien, quand il sera meilleur qu’avant. »

Retour avec le maillot du Real ?

Un Vincent Poirier transformé. Enfin pas complètement. « Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y aura toujours des dunks, promet l’intéressé avec le sourire. Mais ce temps me permet de travailler d’autres choses. Mon corps a changé. Je me suis mis une déter’ pour revenir à un meilleur niveau. »

« Il y aura toujours des dunks » (Photo EuroLeague)

À le voir retrouver le sourire et la forme dans l’enceinte madrilène, la nostalgie a de quoi nous envahir. Les rumeurs autour d’un retour sous la tunique du Real enfle jour après jour. Le champion d’Europe 2023 en rit. « C’est pas aussi simple… mais ça peut l’être… Pour l’instant, je ne suis pas capable de jouer au niveau auquel le Real joue. » Avant de préciser : « S’il y a des discussions, moi, je ne suis pas au courant. J’ai dit à tout le monde : ‘’vous connaissez mon agent, voyez avec lui, vous avez pas besoin de me parler.’’ » Alors que plusieurs clubs européens ont pris soin de prendre des nouvelles du pivot ces dernières semaines, aucun deal n’a encore été signé à l’heure de ces lignes.

En attendant, c’est dans la plus grande paix que Vincent Poirier prépare son retour. « Ce temps me permet de faire des choses que je n’ai jamais le temps ni l’énergie de faire normalement avec mes saisons. Je peux profiter de ma fille, jouer au padel, gérer mes petits business… On prend ce que la vie nous donne et on va pas se plaindre. » Fidèle à lui-même, toujours positif et serein. Cette nouvelle blessure n’a pas changé le caractère de Vincent Poirier. Il ne faudrait pas que l’EuroLeague ait oublier de quoi l’intérieur francillien est capable. Car bientôt, la fin de la trêve pour les intérieurs européens aura sonnée.

Raphaël Habrard

Journaliste pour EuroLeague France. Fan de l'Olympiakos et de Mathias Lessort. Fan de l'Asvel et des clubs français qui marchent bien en EuroLeague. T'façon le basket c'est de l'art.

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