Après un Euro étincelant mais terni par une fin de parcours prématurée et d’inhumains messages, Sylvain apparaît dans la forme de sa vie sur les parquets d’EuroLeague. Patron du Zalgiris, c’est avec une première moitié de saison XXL qu’il s’est invité à la discussion élargie au MVP, glanant la distinction aux trois lettres sur le mois d’octobre. Sa forme du moment, son rôle au Zalgiris, l’objectif playoffs, le passage de Trinchieri à Masiulis, l’élégance du jeu, l’après Euro… Entretien exclusif avec le meilleur Français de cette saison d’EuroLeague.
MVP du mois d’octobre, meilleur passeur, dans la conversation au MVP… Comment expliquer ta grande forme du moment ?
C’est parce que je suis resté une deuxième année au Zalgiris. Je connais un peu plus mes coéquipiers. Je sais comment gérer le tempo de l’équipe. Ça m’a permis de progresser plus. Chaque match c’est la même chose, je sais ce que l’équipe veut me donner. L’objectif, c’est de contrôler, savoir ce que l’équipe me donne, et faire confiance à mes coéquipiers. L’expérience avec l’équipe de France m’a aidé aussi.
Chaque année tu progresses, mais, cette saison, tu atteins le top niveau européen. Penses-tu être à ton plein potentiel ?
Non, ma limite est encore plus haute. Moi, j’essaie de ne pas avoir de limites et de continuer. Je pense que je peux encore plus progresser. Sincèrement.

Tu as un des jeux les plus élégants de la ligue. Est-ce que tu travailles cette élégance à l’entraînement ?
Non, ça vient naturellement, mais moins qu’avant, largement moins qu’avant parce que je ne suis plus aussi jeune (rires)… Quand j’avais l’âge de Nadir (Hifi) j’étais fou fou. Avec l’âge, tu comprends certaines choses. Si en un dribble tu peux passer ton adversaire, ça ne sert à rien de plus se fatiguer. Je pense que c’est juste mon style de jeu. Je peux faire plein de choses, c’est mon instinct, c’est naturel. Après oui bien sûr, je le bosse aussi… (sourire)
Tu étais très proche d’Andrea Trinchieri, parti à l’intersaison. Comment cela se passe aujourd’hui avec le nouveau coach, Tomas Masiulis ?
Ça se passe super bien. C’est sa première année, donc on essaie de se trouver, de se comprendre. C’est un coach qui écoute, qui veut progresser. Et nous, on écoute les idées qu’il donne. Lui comme nous, on bosse sur nos erreurs et on progresse.
« Les messages racistes à l’Euro, c’était dur. Mais ça m’a permis de me forger, de me dire que personne ne doit rentrer dans ma tête. »
L’objectif du Zalgiris : plus que jamais les Playoffs ?
Bien sûr, plus que jamais. Mais on doit continuer à gagner, on ne doit plus alterner les victoires et les défaites, il faut faire des séries.
Après l’Euro et ces messages inhumains (*) que tu as reçus, as-tu pu être soutenu autant que tu en avais besoin ?
J’ai eu ce soutien de la part de tout le monde, franchement. De tout le monde à l’équipe de France, de la part du président. Tout le monde a été là pour moi, ma famille, mes coéquipiers… C’était un peu dur. On voyait que mentalement j’étais pas bien après. Ça m’a permis de me forger, de me dire que personne ne doit rentrer dans ma tête.
Après le match contre l’Asvel, tu as pris le temps d’avoir un mot pour chaque joueur de l’Asvel…
C’est toujours particulier de jouer en France. Les gars de l’Asvel, je les connais presque tous. Ça fait plaisir de les voir, surtout les jeunes, de pouvoir les encourager. Il faut qu’il sache que c’est toujours bien d’avoir cette opportunité de jouer en EuroLeague. Les résultats ne vont peut-être pas toujours comme ils le voudraient, mais d’évoluer et progresser au contact des meilleurs joueurs, il n’y a pas mieux.
L’avis de Tomas Masiulis sur Sylvain Francisco :
« Il est excellent. Chaque année il progresse. Il joue plus pour l’équipe, il partage le ballon. C’est notre joueur principal. Mais nous ne voulons pas n’appartenir qu’à un joueur. Sylvain travaille pour toute l’équipe. Il fait des passes décisives, il fait un peu de tout. Il contrôle bien notre jeu. La prochaine étape pour lui, c’est d’emmener son équipe plus haut : en playoffs ou en play-in. »
*Suite au match face à la Slovénie, à l’Euro, Sylvain Francisco avait reçu des milliers de messages racistes sur les réseaux sociaux.
Propos recueillis à l’issue du match contre l’Asvel, le 20 janvier, remporté par le Zalgiris. Sylvain Francisco terminait la partie à 20 points, 6 rebonds et 4 passes décisives.
























