Donnée pour morte sous les nombreux problèmes extrasportifs de ces dernières semaines, la Roca Team a frappé un grand coup en faisant tomber le deuxième de l’EuroLeague l’Olympiakos. Simple exploit d’un soir ou vrai signe d’espoir pour la fin de saison ? Projection sur cette fin de saison.
Les vagues s’abattent sur le Rocher. Retards de paiements, défaites judiciaires, départs en pagaille,… Les marées extrasportives déferlent jour après jour sur la Côte. Mais en pleine tempête, voilà que le navire de la Roca Team sort – un peu – la tête de l’eau : un authentique exploit contre l’Olympiakos a refait vibrer Gaston-Médecin. Jeudi dernier, au bout d’un combat de quarante minutes, le jeune Matthew Strazel, sur une cheville tordue, s’élevait pour offrir la victoire à l’équipage de Manuchar Markoishvili. Un précieux succès pour se maintenir dans le top 10 de l’EuroLeague et rester dans le coup pour la post-saison. Alors peut-être…

Cette victoire acquise sans Elie Okobo, ni Nikola Mirotic, blessés, et sans coach Spanoulis, parti, reflète une fois de plus le caractère hors-norme de ce groupe monégasque. Une armée d’hommes qui est allée chercher, au courage, un sacre en Leaders Cup et une finale de Coupe de France ces dernières semaines. « Contre l’Olympiakos, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu une ambiance pareille à Gaston-Médecin, nous raconte Laurent Sciarra, l’ex-international aux commentaires de TV Monaco jeudi soir dernier. C’est beau pour le sport, mais les joueurs sont obligés d’aller chercher des trucs de tarés pour s’imposer. » Alors ce succès contre le Pirée est-il porteur d’espoir pour le sprint final, ou n’était-il qu’un exploit isolé avant l’orage à venir ?
UNE HECATOMBE LOGIQUE
Cette victoire de prestige contre les Reds, dauphin de l’intouchable Fenerbahçe, met fin à la terrible série pour les Monégasques, qui restaient sur huit défaites sur les neuf dernières sorties européennes. Un exploit qui a le mérite de stopper l’hémorragie… au sens figuré seulement. Car l’état de santé des troupes n’est guère rassurant. « En voyant arriver les problèmes, on se disait ‘’pourvu que les joueurs ne se blessent pas’’, mais c’est ce qui est en train de se passer », déplore Laurent Sciarra.
« Cette aventure continue, mais je ne sais pas dans quel état les joueurs vont finir.
laurent sciarra
C’est l’état psychologique des mecs qui m’inquiète. »
Epuisés, les joueurs tombent un à un. Blessé à la voûte plantaire, Nikola Mirotic voit sa fin de saison compromise, tandis que Mike James manquera les trois prochaines semaines à cause de son claquage survenu à la dernière minute contre l’Olympiakos. Elie Okobo et Matthew Strazel, qui s’est tordu la cheville en plantant son tir de la gagne, ont été mis au repos sur la dernière rencontre… Daniel Theis avait été touché à la main, il y a deux mois, et Kevarrius Hayes retrouve tout juste les parquets.
Surtout, au fil des départs imprévus – Michineau, Makoundou, Joseph sans même jouer – l’AS Monaco n’a plus que onze joueurs pros sous contrat, blessés compris. Interdiction de recrutement ou non, la transfer deadline du 25 février est passée : les Monégasques finiront ainsi. D’un effectif pléthorique en début de saison, il ne reste plus rien. Plus de marge. Une accumulation qui n’est pas sans conséquence : « Cette aventure continue, mais je ne sais pas dans quel état les joueurs vont finir, se demande Laurent Sciarra. C’est l’état psychologique des mecs qui m’inquiète, avec tout ce qu’il se passe autour. Quand tu n’es pas bien psychologiquement, c’est physiquement que tu risques de te faire mal. »
EN SURSIS
Le cœur d’Alpha Diallo, de Jaron Blossomgame, du retrouvé Juhann Bégarin, sera-t-il assez fort pour affronter la fin de saison ? Embarquée dans ce sprint final en quête des play-offs, la Roca Team, 8e à sept journées de la fin, va naviguer entre équipes mal classées déjà hors course : l’Efes, la semaine prochaine, et l’Asvel un peu plus tard ; et concurrents directs à la qualification : Milan, Pana, Dubaï, Barça et l’Hapoël pour finir. « Monaco a la chance de terminer par trois matchs à domicile, note Sciarra. Il faudra à tout prix sécuriser le top 6, s’éviter un match de play-in où tu n’es à l’abri de rien. Après en play-offs, tout peut se passer, mais il faut aller chercher la qualification directe. C’est très très compliqué. »

Avec un tel calendrier, les Monégasques gardent leur destin en main. Pour ce qui est du parquet du moins. Sur le terrain judiciaire, un mandataire a été nommé pour faire un état des lieux sur la situation financière du club. Dévoiler la partie immergée de l’iceberg en quelque sorte. Réponse du mandataire le 3 avril. « J’espère que cette décision du 3 avril permettra d’avoir un semblant de projection pour les deux derniers mois, avril et mai, qui seront décisifs. Pour l’instant c’est journée après journée. Ce n’est même pas match après match, c’est journée après journée », insiste Laurent Sciarra.
En attendant, la Roca Team n’est pas encore complètement morte. « Ce n’est un secret pour personne que l’an prochain, l’équipe sera bien différente, avouait Strazel au micro de l’Equipe après la Leaders Cup. On veut marquer les esprits avant la fin de l’histoire. » Et cette fin de l’histoire nous réserve encore de nombreuses surprises. Reste à savoir si elles seront bonnes ou mauvaises.























