La légende Nando De Colo quitte l’Asvel et le championnat de France pour tenter de décrocher une ultime couronne européenne avec le Fenerbahçe. S’il est normal d’être triste, ce départ offre surtout au plus grand joueur français de l’histoire de l’EuroLeague la fin de carrière qu’il mérite.
Il y a trois ans et demi, Nando De Colo offrait un immense cadeau au basket français en lui promettant ses derniers tours de magie. LA légende tricolore de l’EuroLeague, pourtant encore très en forme, rejoignait l’Asvel à la surprise générale après presque dix ans au sommet, ponctués de deux titres suprêmes et une récompense de MVP ; un fait encore unique dans l’histoire de notre basket.
Alors, une dernière danse sous les couleurs d’une équipe française, quoi de mieux pour terminer une carrière grandiose et tirer sa révérence ? Sauf qu’avec la maestria de Nando De Colo, la fameuse « dernière danse » s’éternise. Les années passent mais le rythme ne ralentit pas, la magie ne s’estompe pas. Au contraire même, tant l’artiste nous éblouit dans ce début de saison à coup de performances extraordinaires, de coups d’éclats et d’actions décisives. Aux portes du Top 10 de l’EuroLeague à l’éval, il faut croire que Nando est encore l’un des meilleurs joueurs du continent à l’instant T. A 38 ans. En témoigne sa dernière masterclasse contre le Paris Basketball, et ses trois tirs primés dans le money-time pour arracher la victoire. Ce qui restera à jamais son dernier match sous le maillot de l’Asvel.

Si bien que le grand public se rend compte – le principal intéressé aussi – qu’il lui restait finalement encore pas mal d’années au top niveau européen sous le capot. Autant d’années comme sacrifiées, puisque passées dans les profondeurs du classement.
Car en signant à l’Asvel, Nando offrait certes une fête permanente au basket français, mais condamnait son palmarès jusqu’à la fin de sa carrière. Et nous supporters, avions acté le fait que Nando était un double champion et MVP – incroyable déjà, mais que cela ne changerait plus.
Et bien si ! Par une chance inespérée, notre légende peut encore étendre son héritage par un ultime titre.
LES IMPENSABLES RETROUVAILLES
En mai dernier, loin d’avoir ce scénario en tête, nous profitions du Final Four à Abu Dhabi où l’EuroLeague lui rendait hommage comme l’un des 25 plus grandes légendes de la ligue, pour lui poser cette question : « On sait l’incroyable carrière que tu as eu, mais gardes-tu un regret malgré tout ? » Et la réponse qu’il nous donnait résonne aujourd’hui comme prophétique :
« C’est compliqué de vivre avec des regrets. Je pense que la vie est faite de choix et qu’il faut les assumer. Maintenant, je pense que ça m’aurait fait vraiment plaisir de pouvoir faire un Final Four avec le Fenerbahçe.
Première année, le Covid arrête la saison. Deuxième année, on est éliminé en quart de finale alors qu’on était sur une bonne dynamique mais évidemment quand on a plein de joueurs sous Covid c’est compliqué. Je ne vais pas chercher d’excuses mais ça a joué dans la balance. Voilà, si je devais avoir un regret ce serait ça : ne pas avoir fait de Final Four avec le Fenerbahçe. »
Un Final Four qu’il n’a plus connu depuis 2019 – un titre avec le CSKA Moscou. Et sûrement qu’en voyant le peuple jaune et bleu en liesse à Abu Dhabi, lorsque Sarunas Jasikevicius et ses hommes soulevaient le trophée, Nando confirmait son intuition. A l’aube de cette année 2026, notre légende part rattraper le temps perdu.
L’HISTOIRE EST EN MARCHE
Il est normal d’être triste, mais réjouissons-nous plutôt d’avoir pu vivre sous nos yeux trois ans et demi de sa magie, chez nous.
Sous le maillot de l’Asvel, il a continué de marquer l’histoire de l’EuroLeague, mais d’une autre façon. Loin des joutes printanières à enjeu, et même loin d’être ne serait-ce que dans la course pour y participer, Nando a gravi les échelons statistiques. Il est devenu le meilleur marqueur de l’histoire des coupes d’Europe, a monté sur la deuxième marche des plus grands scoreurs de tous les temps, avant de grimper sur la montagne inexplorée des 5 000 points en EuroLeague, rejoignant le seul Mike James.
Mais maintenant, Nando De Colo part écrire le dernier chapitre de sa carrière avec la plume et l’encre qu’il mérite. Soyons là pour assister à l’histoire.























